Elles vont et viennent. C'est le minuit des temps. Il fait plein jours pour celles qui ont le cœur pur. Toutes ont le cœur taché. C'est le soleil de minuit. Il n'y a d'ombre qu'en la demeure dont les portes sont fermées. Cœur touché c'est déjà cœur taché. C'est encore à qui se ressemble. Comme le rire des jeunes gens. Elles sont communicatives. La contagion suit toujours. Il n'y a pas de demi-mesure mais des mesures à moitié faites, des têtes trop remplies, petites bêtes noctambules, farcies de maléfices. Donc, allumons la chandelle au plus vite ! La rengaine est morte, fermez la page, tournez la porte. Il n'y a d'ombre qu'en la demeure dont les portes sont closes. Est-ce enfin l'audacieuse occasion d'une dédicace ? L'abnégation fera son chemin. Moi aussi. Et toi, soleil obscur, ton chiffre est plein de sang. Emmenez-moi loin d'ici ! Qu'il y ait au large une seule phrase nette, un regard sans ombre, un royaume sans mesure. Comme des chercheurs d'or, Elles tintinnabulent au soleil. C'est bientôt l'heure du miracle très ancien. Des saisons entières mûriront le fruit du hasard. Ne resterait-il que la mort indomptée ? Mais le sommeil des vierges n'est jamais éternel. Pour un seul blason, un ciel strié d'éclairs. Le fracas des diamants. Nées des voix, Elles vont, Elles viennent, nombreuses de ramages, bruyantes sans visage.