Extrait n°1 de "TransPoésie Art Total"



 

       La vie de la Poésie comme de tous les autres arts ne dépend pas seulement de l'œuvre - du Texte - mais aussi bien de son Contexte...

       Le Contexte n'est pas le décor qui n'est qu'un cadre grossier, mais la totalité de ce qui va avec le "Texte", en terme d'espace et de temps, de matériau et de conscience disponible au moment et pour le lieu où l'œuvre est dévoilée et donnée à l'amateur...

       "Amateur" est dit ici, plutôt que spectateur, parce que celui qui aime est tout de suite dans le cœur de l'événement que n'atteint presque jamais celui qui se contente de regarder, mirer et admirer compris !

       Or l'oubli et le non investissement du Contexte font plus facilement remarquer l'OEuvre artistique comme un objet-produit manipulable et déplaçable sans précaution particulière. Je prétends au contraire que l'OEuvre et le Contexte s'épousent au point que c'est la synergie de ces Noces qui peut toucher l'Homme. L'Oeuvre donnée doit vraiment être donnée - c'est à dire s'adapter et s'imposer tout en s'exposant totalement.

       Une chose - une œuvre - un être - nous touchent parce qu'ils arrivent dans notre existence à un certain moment et d'une certaine manière qui font que cette chose, cette œuvre et cet être sont le fruit de tout un ensemble - un Contexte - de même d'ailleurs qu'ils sont le germe de développements en cascade... Ce Fruit-Germe n'est apte à franchir les couches de résistance de nos cœurs endurcis et de nos mois endormis dans leurs attitudes que si tout leur Contexte les dirige aussi vers nous.

       L'œuvre est un passage, l'auteur et l'amateur sont des passeurs et des passants passionnés !

       La Poésie est comme une fleur - pardon pour l'image - et la fleur ne naît pas dans un vase mais sur une plante, laquelle est enracinée dans une terre, dans un certain paysage, sous un certain ciel - et c'est tout l'ensemble qui concourt à l'émergence de la fleur et l'accueille au sein d'une symphonie où Nature et Cosmos se répondent. Or la Poésie lue dans une salle et montrée dans un festival, c'est comme la fleur dans le vase - situation provisoire et peu satisfaisante.

       On doit en finir avec l'étricage conscient et inconscient de la Poésie et des autres Arts. Comme le Soleil est fait pour rayonner, la Poésie est faite pour rayonner de toute sa puissance et résonner au plus profond de nous tous - à plein corps, à plein souffle, à plein cœur...... Verbe - moteur et mystère - qui par le Langage met tout en mouvement et nous émeut.

       J'attends de la Poésie qu'elle vibre son Verbe et le fasse vivre jusqu'au point de conversion où le Mystère fulgure et n'est plus.

       Car à quoi sert la Poésie si elle n'est pas au cœur même de l'action, au centre de la contemplation, dans l'œil même de la quête ?