Art Sud Méditerranéen : L'inclassable trouvadour




Marin de Charette est un explorateur
de poésie et, puisqu'elle est partout,
il la révèle en tous ses états.

 



      Il se dit exprimant tous azimuts. La formule lui ressemble en effet : poète, plasticien, musicien, récitant, acteur, Marin de Charrette jubile en poésie sous toutes les formes. Les mots mènent au rêve : il a donc inventé une Machine-à-rêver dont les gouttes d'eau chantent en tombant pour mieux « ouvrir la nuit » et explorer cet « univers d'instantanéité »
      Des paysages oniriques aux astres, il n'y a qu'un pas et Marin le « Trouvadour » explore assidûment ce qu'il nomme l'asturgie ; il a créé une série de jeux d'oracles poétiques dont le tout dernier, le « Jeu des amoureux », illustre particulièrement bien ce qu'il nomme poésie oraculaire. « Amoureux » signifie ici


« toutes les relations, toutes les attractions/répulsions », très loin de la marguerite niaisement effeuillée! Il s'agit de puiser dans des petits cartons pour que le hasard crée un dialogue. Décidez de faire discuter Van Gogh et Artaud, la science et la poésie, les vivants et les morts : « Délivre-moi de tout pendant la traversée pleine de grâce », demandent les premiers, et il leur est répondu « Soyons en paix avec l'exception permanente. »
      Création ludique et poétique, initiatique pour ceux qui y cherchent un sens éclairant, c'est dans tous les cas « une épice extraordinairement subtile pour l'esprit. » Et, pour lier une fois encore différentes expressions artistiques, le trouvadour a convié onze plasticiens à créer autant de doubles coupes pour le tirage des cartons. Il s'agit de pièces uniques, le jeu, lui, étant limité à 150 exemplaires numérotés dans un coffret de bois.
      Marin a réalisé cinq jeux (dont quatre à combinatoires), plusieurs disques, et beaucoup écrit (à signaler son TransPoésie/Art Total, manifeste pour l'art transfiguratif). Le réalisateur libanais Houssam Harfouche tourne actuellement un film sur lui. Un personnage complexe, passionnant, à qui nous laisserons le mot de la fin (in « Les cartes postales de la transformance ») : « On ne fait pas d'hommes libres sans casser des vœux... »