Jean François ROUSSEAU

Mardi 25 Septembre 2001
UN GUEUX*********
S'il me fut loisible de me taire au nom de l'époque et de laisser parler ses maîtres chapeliers, un vent favorable me fit écho qui apporta sa petite graine de rien du tout : un petit rien pour un grand tout. Ce rien est Poésie, ce tout, c'est le Monde. Aujourd'hui que les chapeaux volent de leurs propres ailes, les chapeliers se reconvertissent dans la perruque chantante et l'habit de plumes. C'est toujours ça !
A quoi bon un régal de phénix dans une époque truffée de pruneaux ? S'interrogent sans rire les affameurs du tout culinaire. Messieurs les mitrons, réajustez vos pièces-montées à l'étage du dessus du crâne et, de grâce, reste assis ! Il en va de l'équilibre précaire de ce distrayant couvre-chef. Et laissez venir aux émois les petits oiseaux ! Parce qu'enfin, dîner d'un rayon de lune, voyez-vous, ça n'est bon qu'à l'oeil du chat.

Mais c'est dit, je n'attendrai pas de devenir un très méchant fou : je suis un gueux. Moi, feu de mes mille ans d'espoir sans suite, j'irai tête nue. Car le vent m'est une belle chaussure.

Jean François ROUSSEAU (animateur des éditions Le givre de l'éclair)