La Pleine Lune du 10 mai 2017

 

 

            La Pleine Lune qui vient est à considérer avec beaucoup d’attention. Elle présente une charge symbolique et pratique très forte. Dans le cycle annuel, c’est la PL dans le Scorpion, le Signe ennemi de la Lune : celle-ci souhaite conserver la forme, et le souvenir et l’émotion ou le cliché qui vont avec ; celui-là veut la dépasser ou, pire encore, la détruire. En Scorpion, la Lune est défaite, et elle coule en sa perte. Cependant, dans le cas de la PL, tout peut être différent, étant donné que la Lune est, alors, gorgée de lumière solaire. Ainsi chargée d’un or essentiel, qui l’immunise et la transfigure, elle résiste à sa putréfaction toujours possible dans son lieu de malédiction. Est-ce pour cela que les Bouddhistes honorent ce moment, chaque année, avec la fête multiséculaire du Wesak : la Sagesse incorruptible ?
 
     (Je sais bien qu’il y a des différences de dates, à propos de Wesak, selon qu’on regarde les traditions indiennes, chinoises, thaïlandaises, cambodgiennes, sri-lankaises, laotiennes, et cætera ; et que les Théosophes – encore eux ! – ont joué un rôle non négligeable dans les tentatives d’identification de Wesak avec la PL du Taureau… Mais, en l’occurrence, peu importe ! Je me passerai des détails historiques et sectaires pour me concentrer sur cette Pleine Lune du 10 mai 2017).


     Toujours est-il que cette Pleine-Lune-ci arrive cette année avec, dans son sillage, plusieurs particularités exceptionnelles… On voit facilement le sextile à Pluton, avant la PL, et le trigone à Kiron, après la PL. Mais, Pluton et Kiron ne sont pas, pour moi, des planètes à part entière : ce serait plutôt des Astérions… En astro purement ancienne, à partir du neuvième degré du Scorpion, environ, jusqu’au vingt-huitième, la Lune n’est en contact avec aucune planète traditionnelle. Ce n’est pas très fréquent. L’axe Taureau/Scorpion est, alors, traversé d’un trait de lumière intense et libre : sur presqu’une vingtaine de degrés, la Lune est pure et pleine, comme protégée de toute autre lumière astrale visible…    
 
     Par ailleurs, plusieurs configurations très importantes échouent dans le voisinage de cette PL. On pointe sans difficulté le Dragon qui change de Signe mardi 9, en soirée : il passe en Lion/Verseau, sous la gouvernance du Soleil et de Saturne. Au début du jour clé, Mercure, qui est resté collé à Uranus depuis deux ou trois semaines, est exactement conjoint à celui-ci : à Paris, l’Horizon sera, alors, aux longitudes des deux étoiles intensément antagonistes, Aldébaran et Antarès ; l’AS étant en 9° Gémeaux, non loin de Mars, lequel est reçu par Mercure, et réciproquement. La parole s’enflamme et les critiques sont très vives.
 
     Deuxièmement, le lendemain, Mars arrive, en soirée, au carré de Neptune. A cet instant, pour la capitale française, il sera Maître d’AS. Mars en Gémeaux divise et sépare, les alliances implosent, les fraternités explosent, les solidarités s’effritent, surtout avec l’enfumage de Neptune, triste maître de toutes les illusions et monarque piteux des mensonges et de maints songes frauduleux, utopiques et délétères.    
 
     En début de nuit, Mercure se rendra au trigone de Saturne. Les deux astres sont en Déception Mutuelle, (notion qui manquait à la tradition), chacun de ces comparses étant dans un Signe de déshérence de l’autre. Rien de bon ni de solide ne peut sortir de ce genre d’accord malsonnant.
 
     Quatrièmement, le lendemain, (vendredi 12), le jour même où la Lune en Gémeaux va relancer le carré de Mars à Neptune, ce même Mars – ici trop ironique et, donc, méchant sur les bords – accomplit son trigone à Jupiter. Là encore, nous avons une Déception Mutuelle, par Exil, qui n’augure que d’une débandade miteuse de la superbe jupitérienne.
 
     Pour le voisinage de la PL, cela suffit, mais il ne faudrait pas méconnaître la suite : à savoir que la cohérence glorieuse, ou pseudo-glorieuse, de Jupiter s’effrite encore avec le quinconce neptunien (le 17 mai), alors même que le Maître de Jupiter en Balance, Vénus, le provoque par une opposition critique, le jour même où le trigone de Saturne à Uranus sera parfaitement exact ; à l’occasion du Quartier Lunaire décroissant, en 28° Verseau, exactement sur la Croix du Dragon, ce qui promet des surprises aussi curieuses que houleuses…   
 
     Quelle saga ! agaçante saga où la sagacité se perd et se méandre…
 
     Mais tout ceci n’est, en réalité, qu’un aspect des choses.  
 
     Revenons à cette Pleine Lune, ce joli jour de Wesak où tant d’âmes bien intentionnées vont, encore une fois, méditer pour la paix d’un monde qui n’existe même pas (et cette paix-là et ce monde-ci…). 
 
     Un nouveau regard, plus fin encore, sur cette PL révèle ceci : le Soleil est à 144° tant de Jupiter que de Saturne ; la Lune est, évidemment, à 36° de l’un et de l’autre. Bi-quintiles au Soleil, semi-quintiles à la Lune. Et, bien sûr, Jupiter est en quintile à Saturne pendant quelque temps. Dit autrement, Jupiter et Saturne, les grands-parents bâtisseurs de l’existence, tous deux rétrogrades, qui sont unis par l’incertaine subtilité du quintile, se retrouvent symétriques par rapport à ce ruban de Lumière que la PL trace dans les étoiles… Or, la famille des quintiles favorise les voyages subtils, les délocalisations ou les dédoublements : on s’évade loin des pesanteurs habituelles et les repères s’effacent (ou, tout au moins, sont distanciés).
 
     C’est alors qu’une aventure d’une autre nature peut s’amorcer. Car, il n’y a pas que le tintamarre exaspérant des médias : il y a le silence intensifié de l’immédiat que ce genre de configuration révèle à certains.

 

   (Publié le 6 mai 17, sur la CLE : liste de diffusion de cedra.net)