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Parue dans la revue Arkologie n°21 février 2001




Introduction : Les Aphorismes des Anciens sont des clefs pour ouvrir certaines serrures du Thème. Ici, les «Aphorisques» sont des visions - coups d'œil et d'aigle - pour entrer dans le corps du Thème et le faire parler pour le survoler d'un regard fulgurant...
(Ici, pour Arkologie, certains Aphorisques sont regroupés par sujet en relation avec l'air du temps. Aujourd'hui, Jupiter et Saturne dont la conjonction en Taureau, le 28 mai 2000, marque l'année et le renouvellement cyclique).

 

Saturne : la valeur n'attend pas le nombre des anneaux.

Saturne contient tout sans rien lâcher. L'idéal saturnien serait de tout tenir, intelligemment, sans tenir à tout.

Si dépité, Saturne précipite... Mais le meilleur Saturne mâture.

Parce qu'il entrave, Saturne entrouvre l'être à l'idée de sa libération.

Saturne veut avoir raison -et il sait.

Saturne veut avoir tort - et il l'ignore.

Saturne : ce feu songe et ne songe pas. S'il songe à se donner, il dérange. S'il songe à déranger, il se donne ou il se damne. Mais il ne se retourne pas.

Saturne bouée de sauvetage, brassées de synthèse.

D'une manière ou d'une autre, Saturne est obsédé par le corps, le poids des choses ou des souvenirs - leur histoire - la profondeur et la durée... En cela il est ténébreux.

Les sombres ailes saturniennes deviennent un pur zèle lumineux qui hante bien souvent les coulisses.

Saturne un puits d'ombre où germe le soleil, un geste sombre où source la sagesse.

Saturne est sommé de transformer la distance en attention et l'histoire en vision.

Kronos, le temps. Phanès, la fleur du temps.

Saturne : braise au fond d'un puits. Si l'on renverse la tête, c'est étoile.

Puisqu'absent de lui-même, le saturnien seul peut être présent aux 2 bouts de l'existence.

Saturne immobile guette sa proie. Saturne mobile danse sa joie.

Saturne interrompt le mouvement continu, fluide - consonne sur quoi bute la voyelle, obstacle sur la voie, mur de pierres sur le chemin, trou dans le développement, abîme de silence dans la présence verbale - car à lui le rôle d'amener un rythme nouveau qui exhausse au niveau supérieur.







Saturne, ô monstre créé-créateur, à toi l'horreur du crime et l'honneur du bourreau - le bourreau du crime de l'horreur de l'honneur.

Saturne : de l'ingratitude à la grâce.

Saturne fait les sans-domicile - qui est un manque par rapport à l'errance qui est vide - dont l'obsession est de se fixer.

Saturne- le manque - est avide... Seule la plus intense lumière le rassasie : phosphorescente ivresse.

Du manque Saturne fait une banque. Puis, il vend le vide et ne veut rien. Et c'est un vide devant, un vide derrière, un vide plein de vents, le vide qui sépare l'eau céans mais attire la vague, repousse le vague mais est attiré par le haut, indéfiniment, ce manque revient et dévore ce qui n'est pas là en laissant comme de côté ce qui est là, d'un côté tout à fait lointain mais qui serait présent à cette absence et présent dedans comme il est atterré pour pas grand chose et résistant, cependant que tout l'attire et que rien ne résiste en ce néant.

L'absolu Saturne... Ab. Abbas, le Père soluble au Soleil de Solitude.

A Saturne la profondeur et le poids et le Père qui pèse et l'Enfant qui se retourne et le Noir qui voit.

L'eau qui source de Saturne est plus précieuse que le miel de mille fleurs, plus pure et plus précieuse que la rosée de Vénus à l'aurore, plus pure et plus rare que les larmes des dieux en palabres.

Saturne sur le bûcher connaît le secret du temps plié.

Saturne a le sens des formules lapidaires.

Saturne : c'est l'heure de la fin des leurres.


Un bon investissement, Jupiter ; c'est un placement sûr, une valeur positive, le choix correct, une place, un espace expansif, valeureux, chaleureux, le visage de l'Aimé, trace appuyée, la conscience du geste et l'omnipotence de l'omniprésence.

Et Saturne c'est l'omniscience du reste.

Dans Saturne, la densité intérieure intensifiée avec l'esprit d'élévation verticale illimitée. Dans Jupiter,

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